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Daniel Soto au Chili

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C’est l’histoire d’un Général des Carabineros (police Chilienne) qui a lu le dossier sur les gaz lacrymogènes et a décidé de faire intervenir Alexander Samuel dans des cours devant les officiers Chiliens, pour leur faire prendre conscience de la dangerosité de ces armes. En effet, il se trouve être à la tête de la formation “Droits de l’Homme” de la police Chilienne et a donc été interviewé à deux reprises dans le journal Interferencia. La seconde interview lui a valu d’être contraint de signer une lettre de démission et l’a écarté des carabineros. Voici les articles en français :

Impact sur la santé :
Une étude scientifique française conclue que les composants du gaz lacrymogène des Carabineros de Chile produit du cyanure dans l’organisme.

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Par Diego Ortiz, le 11/09/2020

Selon cette étude, de longues expositions au gaz CS – comme celles survenues durant “l’explosion sociale” (“estallido social” commencé le 18/09/2020 au Chili) – sont un grand facteur de risque pour le cerveau, le foie, les reins, les yeux et le système gastro-entérite, autant pour les manifestants que pour les forces de l’ordre.

Le gaz CS (chlorobenzylidène malononitrile) est le composé des lacrymogènes qui provoque irritation et malaise, avec pour conséquences directes sur les manifestants et les passants des brûlures aux yeux, de la toux, des étourdissements et des maux de tête.
Il est également responsable de la génération de cyanure dans l’organisme humain, un composant chimique fortement toxique y potentiellement mortel.

Ce résultat scientifique est présenté par l’étude : “Utilisation du gaz lacrymogène CS : ses effets à plus ou moins long terme”, publiée en Juin de cette année en France. Cette recherche a été mené par le docteur en biologie moléculaire, Alexander Samuel et par le président de l’Association de Toxicologie-Chimie de Paris aussi directeur honoraire de recherche du CNRS, André Picot.

De longues expositions au gaz CS, comme celles vécues lors des manifestations des “Gilets Jaunes” en France ou encore durant “el estadillo social” au Chili, pourraient avoir des effets irréversibles sur presque tous les organes du corps humain.

Les résultats de l’étude ont rapidement impacté l’opinion publique

L’Obs, l’hebdomadaire avec une des meilleures diffusion en France, a publié le 27 Juin un article titré : “Une étude pointe les graves dangers du gaz lacrymogène sur la santé” (voir aussi : article de l’obs) qui décrit les effets du gaz et dans lequel André Picot explique que “la majorité des études sur la nocivité des gaz ne sont pas accessibles car elles sont réservées pour les militaires”, d’où l’importance majeure de cette étude qu’il caractérise même “d’utilité publique”.

La police française pour sa part n’a pas tardé à réagir. Vigi, un syndicat de policiers et fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur, a publié une série d’articles et de communiqués alertant sur les risques du gaz CS, risques encourus autant par les manifestants que par les policiers eux-mêmes qui sont aussi exposés aux agents chimiques toxiques durant leurs entraînements et lors des manifestations. Le syndicat a même envoyé une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, l’alertant sur l’utilisation du gaz CS. (Voir : “Lettre ouverte á Monsieur Castaner sur la dangerosité des gaz utilisés lors du maintien de l’orde en France, pour la santé des personnes exposées”).

Au Chili, il y a eu également des réactions. Carabineros du Chili, dont les fonctionnaires utilisent le composé chimique CS dans les camions « canons à eau », dans les véhicules lanceurs de gaz mais aussi dans leurs cartouches et grenades, a tenu une réunion le 1er juin de cette année avec Alexander Samuel lui-même, le biologiste moléculaire co-auteur de l’étude, dans le but d’en savoir plus sur les conclusions de l’équipe française.

Interferencia a également contacté Samuel, qui a indiqué que le premier objectif de la réunion était «de leur expliquer qu’en tant que policier, ils devraient connaître leurs armes, puisqu’ils leur apprennent à être proportionnels dans leurs actions. Mais comment peuvent-ils l’être s’ils ne connaissent pas leurs armes et leurs conséquences ?”.
Le scientifique, qui assiste également aux manifestations en France en tant que manifestant, a ajouté que “s’ils comprennent à quel point leurs armes sont dangereuses, ils ne les utiliseront pas s’ils n’en ont pas vraiment besoin”, qualifiant la réunion de “positive”.

Cyanure dans l’organisme des manifestants et des policiers. Et maintenant ?

Interferencia a contacté le service de communication des Carabineros du Chili pour en savoir plus sur leur dialogue avec l’auteur de l’étude et en leur demandant notamment si cet échange a déclenché des changements dans l’utilisation des gaz lacrymogènes comme moyen de dissuasion lors des manifestations et lors des sessions de formation. L’institution a assuré qu’elle utilisait ses armes dans le cadre de protocoles de contrôle de l’ordre public qui ont été mis à jour début 2019 – alors que les conclusions d’Alexandre Samuel n’étaient pas encore publiques – ajoutant que “l’utilisation ici est la même qu’au niveau mondial, en conformité avec les normes internationales ».

Bien qu’ils ne donnent pas l’apparence de réagir à ces nouvelles informations concernant l’impact sur la santé du gaz CS, le Département Communication de Carabineros indique que « l’institution innove constamment en matière de rétablissement de l’ordre public pour être cohérent avec le respect des Droits de L’Homme et la santé publique des citoyens, Carabineros inclus ».

Concernant ce dernier point, le 12 août, Interferencia a soumis une demande d’information et de transparence à Carabineros afin qu’ils soient tenus de détailler la méthodologie de la formation au maniement des grenades et lanceurs de lacrymogènes, cela pour connaître le niveau d’exposition au gaz CS des fonctionnaires pendant leur formation. Il a été spécifiquement demandé “si les fonctionnaires ont un contact direct avec le gaz et à quel point il est récurrent, en particulier pour les fonctionnaires des forces spéciales”.

Le Département de l’Information et du Lobbying a rejeté la demande parce qu’il s’agissait de « documents secrets », argumentant que la demande correspondrait à divulguer « des détails spécifiques des plans opérationnels, tels que l’utilisation, les modes de fonctionnement, les formes de déplacement, entre autres choses, ce qui représente un préjudice grave à la sécurité publique ».
Le refus de l’institution a motivé la présentation d’un recours devant le Conseil de la Transparence, toujours en attente de résolution. (Lire en PJ le refus de remise des informations de la part de Carabineros à la demande déposée par Interferencia concernant l’exposition des policiers au gaz CS lors de leur formation).

Il a néanmoins été possible de dialoguer avec une personne : l’avocat Daniel Soto, qui a été conseillé de l’institution Carabineros sur le sujet des Droits de l’Homme et qui dirige actuellement des cours à l’institution sur cette matière. Selon lui, « les recherches d’Alexander Samuel sont importantes pour déterminer les effets néfastes que ce gaz [CS] génère sur la population et sur les Carabineros qui l’utilisent ».
Cependant, l’avocat dénonce que la solution au discrédit croissant des citoyens envers les Carabineros ne passe pas nécessairement ou exclusivement par l’utilisation d’un moyen de dissuasion ou d’un autre. « Lorsque la société s’accorde sur les règles et les normes qui la régissent, la police peut maintenir l’ordre public », explique-t-il, « mais quand la discussion, telle qu’elle surgit à partir du 18 octobre, porte sur la légitimité de la loi, la légitimité de l’autorité, la police échoue, car c’est une question de nature politique, qui nécessite des solutions politiques et la force de l’État ne résoudra pas cela ».

Daniel Soto ajoute que le gaz « fonctionne et est socialement accepté à condition qu’il génère de l’irritation ou de la douleur chez les personnes pendant une période de temps très limitée et pendant que les gens sont exposés au gaz », donc « si les résultats sont différents, comme le suggère l’étude, c’est un moyen qui doit être remis en question ». L’avocat et professeur de Droits de l’Homme pour les Carabineros souligne également qu’il « n’avait encore jamais été vu au Chili une exposition intense, en termes de quantité, prolongée et permanente au gaz », ce qui rend le sujet d’étude proposé par les scientifiques français encore plus pertinent.

Dévoiler les dangers des armes utilisé pour le maintien de l’ordre public

Pour les manifestants, la police et les habitants des secteurs où les manifestations se rassemblent généralement, les résultats sont alarmants. « Une fois le gaz absorbé dans l’organisme, au cours de son métabolisme, du cyanure est libéré, provoquant des symptômes décrits par certains toxicologues et médecins comme des vertiges ou une perte de conscience », explique l’étude sur les effets immédiats du CS.
Concernant le moyen et le long terme, les scientifiques écrivent qu’une longue exposition au CS – et, par conséquent, une métabolisation importante du cyanure dans l’organisme – correspond à un « facteur de risque élevé pour le cerveau, le foie, les reins, les yeux, la thyroïde, les systèmes gastro-intestinal et cardiovasculaire », en plus des effets psychologiques liés à l’utilisation d’armes qui provoquent des sensations d’étouffement et une extrême irritation.

Les conclusions de l’équipe scientifique française sont également étayées par une série d’études militaires antérieures, comme celle menée sur des soldats dans un camp d’entraînement nord-américain intitulé O-Chlorobenzylidene Malonontrile (CS Riot Control Agent) Associated Acute Respiratorty Illnesses in a U.S. Army Basic Combat Training Cohort, où il est indiqué que l’une des principales causes des consultations à l’hôpital des soldats des camps d’entraînement sont les maladies respiratoires graves, présentées après leur exposition au gaz CS. (Consultez ici l’étude en anglais sur l’effet du gaz CS sur les soldats nord-américains, publiée en 2014).

« Mon objectif finalement est de faire savoir qu’il existe des problèmes de santé associés à ce type de gaz», explique Alexander Samuel, « mais nous devons également réfléchir à leur efficacité ». Selon le scientifique, qui a complété son étude avec la collaboration d’un sociologue, d’un historien et d’un psychologue, l’utilisation de gaz lacrymogène peut même être contre-productive. « Si vous tirez une grenade lacrymogène a un groupe de cinq manifestants qui lancent des pierres, ils seront immédiatement rejoints par d’autres manifestants qui en réaction, se sentant agressés, vont aussi vous lancer des pierres. Vous vous retrouvez donc avec un groupe de 50 personnes à gérer au lieu de 5 initialement, et donc vous aller tirez encore plus de grenade lacrymogène… », précise-t-il.

Malgré la pertinence de ses découvertes, Samuel explique qu’il n’a pas été facile de mener cette enquête, se heurtant constamment à des pressions et il dénonce même avoir été arrêté. « J’ai été envoyé en prison trois fois l’année dernière, ils m’ont interrogé, ils ont détruit mes livres de biologie et de chimie après avoir perquisitionné ma maison. Ils m’ont gardé en détention pendant deux jours sous une fausse raison, puis à la fin ils m’ont dit : « c’était une erreur, tu es libre » ».
La persécution dont il a été victime l’a conduit à engager un avocat, qui travaille en collaboration avec l’Inspection Générale de la Police Nationale, une institution de police créée dans le but de contrôler les forces de l’ordre et le respect de leurs procédures.

En faisant abstraction de ces obstacles, Samuel et l’équipe à l’origine des découvertes sur la production de cyanure à la suite de l’inhalation et de l’absorption de CS continuent de travailler : ils sont sur le point de publier une nouvelle étude sur les impacts psychologiques de l’utilisation de ce gaz sur les manifestants et sur son efficacité à contrôler les troubles à l’ordre public.

Diego Ortiz, avec la collaboration technique de Pablo Ugalde, Docteur en Microbiologie et Biotechnologie de l’Université de Montpellier, publié le le 11/09/2020 dans Interferencia.cl

Professeur à l’École des Carabineros: « Le Corps des Officiers de la Police est-il responsable de l’usage de la force ? Oui”

Par Diego Ortiz, publié le 14/09/2020 dans Interferencia.cl

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L’avocat Daniel Soto a fait partie de l’équipe fondatrice du Département des Droits de l’Homme des Carabineros en 2011, ainsi qu’un de ses professeurs depuis 2012 et ancien conseiller de l’institution Carabineros sur ce sujet. Pour lui, le policier doit être le « principal agent de promotion des droits de l’homme » bien qu’ils puissent aussi devenir « le principal violeur des droits dont ils ont la charge ».

Depuis 2012, l’avocat Daniel Soto est professeur du cours Droits de l’Homme à Carabineros de Chile, ayant actuellement quatre Unités d’Enseignement sous sa direction avec plus de 70 étudiants au total. Il assure avoir une liberté académique absolue, ce qui peut être démontré à la lecture de ses réseaux sociaux, où il n’a aucun problème à se distancier de la position officielle de l’entité dans laquelle il travaille.

Un exemple récent est sa déclaration après que Mario Rozas, directeur général des Carabineros, ait déclaré dans une interview avec El Mercurio que “les généraux ont des responsabilités stratégiques et non opérationnelles, et cela doit être compris de cette façon”. Cette déclaration faisait suite aux accusations portées par le Contrôleur Général de la République contre sept membres du haut commandement de Carabineros pour leur responsabilité administrative dans les événements survenus lors de la flambée sociale d’octobre de l’année dernière.

Ainsi, Rozas a laissé entendre que les généraux de l’institution n’auraient aucune responsabilité en cas de violations des Droits de l’Homme. Soto semble en désaccord et ses arguments sont d’ordre légal.

À travers son compte Twitter, l’universitaire a publié un fil dans lequel il répond à la question suivante : ” Le commandement de la police est-il responsable de l’usage de la force ?” Pour l’avocat, la réponse est directe. ” Oui, dans la norme internationale, il est entendu que la responsabilité de l’usage de la force et des armes à feu incombe à ceux qui participent à un incident et aussi à leurs supérieurs respectifs”, dit-il dans son tweet. (Voir https://twitter.com/DanielSotoM2/status/1305142616158277633 ).

La norme à laquelle se réfère l’enseignant des Carabineros – et qu’il cite dans son tweet – correspond au point 24 des «Principes de base sur l’usage de la force et des armes à feu par la FEHCL (Fonctionnaires chargés de l’application de la loi) », un principe qui a précisément été adopté, explique Daniel Soto, par l’institution policière chilienne.

Le 1er février 2019, les instructions sur l’usage de la force données à Carabineros ont été mises à jour, y compris le principe qui attribue la responsabilité à la fois aux «gouvernements et aux forces de l’ordre».

Daniel Soto s’est également entretenu avec INTERFERENCIA sur une étude scientifique française publiée par ce média où il est révélé que le gaz CS, un composant du gaz lacrymogène, est responsable de la production de cyanure dans le corps humain. Sur ce sujet, Daniel Soto va beaucoup plus loin que l’institution pour laquelle il enseigne.

Selon lui, le gaz ne devrait être utilisé « qu’à la condition de provoquer une irritation ou une douleur chez les personnes pendant une période très limitée et pendant que ces personnes sont exposées au gaz». Donc «si les conséquences de l’exposition au gaz CS sont différentes, comme le suggère l’étude française, c’est un sujet qui doit être revu ». (Voir https://interferencia.cl/articulos/investigacion-cientifica-francesa-concluye-que-componente-presente-en-lacrimogenas-de )

De l’autre côté, les Carabineros n’ont montré aucun signe d’une volonté de changer leur protocole, indiquant que l’utilisation de dissuasifs – y compris des grenades et des cartouches de gaz lacrymogène avec du gaz CS – “est la même au niveau mondial et est conforme aux normes internationales”.

Dans une nouvelle conversation avec cette rédaction (Interferencia), l’avocat Daniel Soto s’est penché sur les cours qu’il donne à Carabineros, en particulier sur un module créé après 2012 avec d’autres professionnels et policiers, et qui prend comme référence la jurisprudence et la bibliographie en vigueur aux Nations Unies et dans le système interaméricain des Droits de l’Homme.

Comment ressentez-vous l’accueil des Carabineros lorsque de vos cours sur les Droits de l’Homme?

Les disciplines juridiques en général ont un contenu politique. Parce qu’au fond, ce qu’ils font, c’est réguler les comportement de la société à certains moments. Donc, ce qui est expliqué aux étudiants, c’est que toutes les disciplines ont pour but de réglementer le bien commun à une époque historique spécifique, et conformément à la réglementation juridique et politique. Ce qui est souligné, c’est que dans les régimes démocratiques, la police fonctionne selon certains paramètres. Pour donner effet à l’état de droit, la police doit être soumise à certains paramètres ou conditions minimales définis par le droit interne et l’ordre juridique international. Un des sujets abordés au début était de mettre en évidence la propriété des droits, c’est-à-dire que la police est titulaire des Droits de l’Homme. Dans le cas d’organisations à caractère militaire telles que les Carabineros, les seuls droits limités du policier sont le droit d’association politique et syndicale. Mais le reste des droits, les Carabineros les ont tous, comme n’importe qui.

Bien sûr, mais les Droits de l’Homme sont violés précisément par des agents de l’État …

Lorsque nous parlons des Droits de l’Homme, nous parlons des obligations de l’État de garantir la vie et la dignité des personnes. Les Carabineros, les agents de l’État, sont des personnes : l’État a alors l’obligation de garantir leurs droits. Toutes les personnes, y compris les agents de l’État, sont titulaires de droits.

Mais, en même temps, ceux qui violent les droits de l’homme sont essentiellement des agents de l’État, n’est-ce pas ?

-Justement. Lorsqu’un individu enfreint la loi, il commet un crime. Lorsqu’un agent de l’État viole la loi, il commet un crime, et engendre également une responsabilité de l’État qui est ce qu’on appelle une violation des Droits de l’Homme.

Comment est la compréhension de ce phénomène dans l’institution ? Parce que les généraux et les anciens généraux ont été vus à la télévision plaider pour les Droits de l’Homme des Carabineros, dans une sorte de volonté de se poser aussi en victime de violation de cet ordre.

Il est à noter que la fonction de police est la première fonction de l’État visant à garantir le respect des Droits de l’Homme. Donc, si nous parlons de promoteurs des Droits de l’Homme, nous devrions toujours mentionner les policiers comme les premiers promoteurs de ceux-ci. Or, quel est le paradoxe qui apparait ? C’est que pour garantir les Droits de l’Homme et garantir l’application de l’état de droit, l’État a la possibilité de restreindre les droits des individus. Le policier a donc, tout d’abord, l’obligation de garantir les Droits de l’Homme du peuple, mais en même temps, il a le pouvoir de le priver de liberté et sa faculté de recourir à la force sont des pouvoirs qui restreignent les droits. Si cette restriction n’est pas conforme à la loi, elle génère une restriction illégale des droits, ce qui signifie en droit interne un crime et pour le droit international, une violation des Droits de l’Homme. C’est pour cela que le principal agent de promotion des Droits de l’Homme, s’il fait les choses mal, peut devenir le principal violeur des mêmes droits dont il a la charge.

Il est extrêmement important de souligner ce point car les Droits de l’Homme, d’un point de vue normatif, sont un sujet théorique, mais dans le domaine de la police, les Droits de l’Homme deviennent une question d’éthique. Pour moi, en particulier, le plus important est de traduire la norme en principe et les principes en éthique. En éthique policière. En d’autres termes, si les choses sont mal faites, les droits des gens sont violés. Si les choses sont bien faites, la liberté est garantie, ce qui serait la chose la plus importante dans une société démocratique.

Concernant la méthodologie de vos cours, utilisez-vous des cas particuliers comme base d’étude et faire le point sur les actions de la police avec vos élèves ?

Pour un enseignant des Droits de l’Homme comme moi, l’un des axes importants d’analyse concerne les cas qui ont été vus et résolus ou des cas controversés du système universel des Nations Unies ou du système interaméricain. Les études de cas dans le domaine académique sont toujours des problèmes très évidents ou très exagérés et très difficiles à résoudre. Ce sont les cas complexes, les cas controversés, les cas qui posent des dilemmes éthiques que nous essayons d’approfondir.

Vous faites des cours depuis longtemps, mais ces derniers temps et avec tout ce qui s’est passé dernièrement, avez-vous l’impression qu’il y a eu un changement dans l’accueil des étudiants ?

Je pense qu’il y a plus d’intérêt maintenant à discuter de ces questions et sous des angles différents. Il y a une expérience personnelle, c’est-à-dire que le 18 octobre 2019 (début de l’ « Estadillo Social » au Chili – N.D.T) génère de la peur, de l’incertitude chez tous les policiers. Ce sont des gens avec des familles, il y a une augmentation de la violence, une augmentation de la délégitimation. La délégitimation des organisations policières génère un danger, génère des problèmes de sécurité personnelle pour la police elle-même, ce qui est une question extrêmement importante. En d’autres termes, la question des Droits de l’Homme suscite beaucoup plus d’inquiétude que ce qui aurait pu exister auparavant, car on peut constater les conséquences directes de l’usage de la force. Le recours à la police est toujours une possibilité qui génère un impact négatif sur les citoyens, il n’y a pas de force inoffensive. Une personne à qui on dit que vous ne pouvez pas continuer à circuler, montrez-moi vos documents, c’est une restriction, elle se sent affectée, émotionnellement au moins. Il s’agit donc de dimensionner les conséquences de l’usage de la force d’une manière pratique.

Lors de l’examen des déclarations des généraux et des communications de l’institution, nous avons le sentiment que les plaintes et les cas de violations des Droits de l’Homme lors de la flambée sociale (depuis le 18 Octobre 2019) semblent être niés dans l’institution ou qu’ils ne sont pas pris très au sérieux. Pensez-vous que vos élèves ont une perception différentes sur ce qui s’est passé depuis Octobre ?

Je dirais qu’il y a une préoccupation légitime parce que ce que l’on fait en cours des Droits de l’Homme, c’est de mettre l’accent sur les aspects éthiques et l’éthique a pour conséquence une responsabilité, c’est-à-dire que vous prenez spécifiquement en charge ce que vous faites. Donc, d’après mon expérience, l’échange sur des questions controversées, c’est pour finalement déterminer ce qui était bien ou mal. Une bonne éducation signifie que vous devez mettre les gens en mesure de prendre des décisions. Si vous obligez les gens à s’engager émotionnellement dans une affaire et à prendre une décision pour se rendre compte ensuite qu’ils ont eu tort, dans une éducation qui fonctionne normalement, la personne se rend compte de l’utilité du contenu que vous enseignez. Donc en étant dans une classe où l’on examine un cas, où l’on débat, où l’étudiant peut proposer des points de vue différents, il ne me semble pas que cet étudiant puisse rester imperturbable dans sa pensée, figé dans sa réflexion. En d’autres termes, la règle générale est que cette personne puisse assumer les responsabilités juridiques, sociales et personnelles liées à ses futures activités professionnelles. Disons comme pour tout étudiant normal.

Par Diego Ortiz, publié le 14/09/2020 dans Interferencia.cl

L’histoire de l’avocat et professeur de droits de l’homme qui dérange les carabineros

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Une “clarification de la clarification” de Carabineros a été effectué par l’avocat et professeur Daniel Soto lui qui faisait partie de l’équipe fondatrice du Département des Droits de l’Homme des Carabineros en 2011, en plus d’être enseignant à l’institution, au moins jusqu’à lundi dernier.

Le conflit entre l’institution Carabineros et le défenseur légal a commencé après quelques publications faites par Soto sur ses réseaux sociaux, dans lesquelles il a remis en cause les déclarations du directeur général des Carabineros, Mario Rozas, sur la responsabilité du haut commandement dans l’utilisation de la force contre les manifestants.

Après cela, l’institution a voulu “clarifier” que l’enseignant ne faisait plus partie de l’école des Carabineros depuis 2019. Cependant, Soto a déclaré qu’il avait des cours à l’école des Carabineros jusqu’en 2018 et “jusqu’à aujourd’hui à l’Académie de Sciences de la Police. Aujourd’hui, ils m’ont demandé de signer une “démission” datée de vendredi dernier.”

L’avocat a assuré dans ses publications que «l’exercice du commandement rend le supérieur hiérarchique responsable non seulement de ses propres actes, mais aussi de ceux de ses subordonnés et impose un devoir élevé de précaution et de conservation des éléments matériels et humains».

L’ancien enseignant des Carabineros a souligné: «Le haut commandement de la Police est-il responsable de l’usage de la force? Oui, dans la norme internationale, il est entendu que la responsabilité de l’usage de la force et des armes à feu incombe à ceux qui participent à l’incident et aussi les supérieurs respectifs ».

Soto a souligné que cela fait partie du principe de responsabilité qui a été expressément incorporé par les Carabineros dans la circulaire Digcar 1832 de février 2019, qui a mis à jour les instructions pour l’usage de la force par les uniformes.

«… Ils recourent ou ont recouru à l’usage illicite de la force et des armes à feu et n’adoptent pas toutes les mesures à leur disposition pour empêcher, éliminer ou dénoncer un tel usage» (Principe 24 des Principes fondamentaux sur l’emploi Force et armes à feu par la FEHCL) », a-t-il ajouté.

L’avocat a déclaré à EL DÍNAMO que les Carabineros l’avaient informé pendant le week-end que le cours dans lequel il enseignait n’était plus d’actualité. “J’avais un contrat à l’Académie des Sciences de la Police qui s’étendait tout au long du premier semestre pour un cours régulier et pour le second trimestre, j’avais un cours spécifique, d’août à fin septembre.”

Cependant, l’institution lui a dit que, selon eux, ce cours spécifique avaient pris fin vendredi dernier donc son contrat prenait également fin.

«Ils m’ont dit que mon contrat avait pris fin vendredi, mais j’ai fini de publier des notes dimanche, pas vendredi. Il y a donc eu une résiliation anticipée », a ajouté le professeur Soto.

Interrogé sur sa perception de la situation, l’avocat a ri et a répondu: “Je dirais que cela coïncide avec certains commentaires sur les réseaux sociaux (…) je qualifierais cela d’inattendu.”

Il a soutenu qu’à aucun moment l’établissement n’avait confirmé que la fin de son contrat était due à ses déclarations, mais qu’ils ne lui avaient pas non plus donné plus de détails sur les raisons pour lesquelles son cours était interrompu prématurément ainsi que son contrat avec l’établissement.

«Personne ne m’a rien dit, je pourrais spéculer (…) Quel est mon sentiment ? C’est étonnant et cela coïncide avec ces commentaires d’ordre universitaire sur des questions controversées », a-t-il soutenu.

Le professeur invité

L’avocat a également révélé qu’au cours des conférences donnés par des invités extérieurs, entre juin et juillet dernier, un événement s’est produit qui a fortement retenu son attention et qui, selon lui, pourrait également expliquer son départ soudain de l’institution.

Ce cas précis correspond à la participation de Daniel Chernilo, docteur en sociologie de l’Université de Warwick et directeur du doctorat en Processus et Institutions Politiques Gouvernementales de l’Université Adolfo Ibáñez durant laquelle ce dernier aurait fait des commentaires qui «dérangeaient» l’institution.

«Cela a généré beaucoup de gêne chez les Carabineros. Ils ont présenté au directeur de l’académie leur mécontentement au sujet de cet invité. Ils leurs a semblé que c’était une personne qui n’aurait pas dû être invité parce qu’il avait des commentaires défavorables à l’institution », a déclaré Soto.

Compte tenu de cela, l’avocat s’est défendu en notant qu’il ne croyait pas qu’il devrait y avoir de la censure dans la sphère académique et que la position critique de l’invité était une bonne chose pour les étudiants afin qu’ils puissent se forger un argumentaire en réponse à ces attaques.

“Maintenant, ma position critique a peut-être généré une réaction similaire à celle produite par Chernilo”, a déclaré l’ancien conseiller de l’institution.

L’avocat a conclu que ce qui l’avait le plus affecté dans cette histoire était qu’ils avaient mis en question le directeur de l’Académie des Sciences de la Police des Carabineros pour avoir autorisé cet invité controversé à s’y exprimer, alors que le directeur «est un gars honnête et décent, préoccupé par le domaine académique. et sa situation fut alors très inconfortable».

Polizei setzt Tränengas gegen Demonstranten ein

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Rund um Feierlichkeiten zur Erinnerung an den Beginn der Französischen Revolution ist es in Paris zu Ausschreitungen gekommen. Die Polizei nahm Dutzende Demonstranten fest – auch Gelbwesten-Vertreter.00:34 Montag, 15.07.2019   07:42 Uhr

Jedes Jahr begeht Frankreich am 14. Juli seinen Nationalfeiertag. Dieser erinnert an den Sturm auf die Bastille im Jahr 1789, der Moment gilt als symbolischer Beginn der Französischen Revolution. In diesem Jahr sind die Feierlichkeiten am Sonntag von Ausschreitungen überschattet worden.

Demonstranten versuchten nach der Militärparade auf den Champs-Élysées, nahe dem Triumphbogen, mit Metallabsperrungen Straßensperren zu errichten. Ein Müllcontainer ging in Flammen auf. Die Polizei schritt ein und Passanten flohen vom Ort des Geschehens. Die Sicherheitskräfte setzten Tränengas ein. Mindestens 175 Menschen wurden festgenommen, wie eine Polizeisprecherin dem Sender BFMTV sagte.

Die Demonstranten, die versuchten, Straßen abzusperren, trugen zwar keine gelben Westen. Aber unter den Personen, die in Gewahrsam genommen wurden, waren auch Jerôme Rodrigues, Maxime Nicolle und Éric Drouet. Alle drei sind prominente Vertreter der Gelbwesten-Bewegung. Sie wurden schnell wieder freigelassen. Rodrigues’ Anwalt sagte der Nachrichtenagentur AFP, bei der Maßnahme habe es sich um “die Verhaftung eines politischen Oppositionellen” gehandelt.

Merkel lobt grenzüberschreitende Militärparade

Die Gelbwesten-Demonstrationen begannen im November vergangenen Jahres unter anderem als Protest gegen eine geplante Benzinsteuer. Sie weiteten sich allerdings schnell aus und wurden zu Demonstrationen gegen die Politik von Präsident Emmanuel Macron im Allgemeinen. Immer wieder kam es auch zu gewaltsamen Ausschreitungen. Mittlerweile ist die Zahl der Teilnehmer bei den wöchentlichen Protesten zwar zurückgegangen. Aktiv ist die Gruppe aber noch.

Bei der Militärparade war auch Bundeskanzlerin Angela Merkel zu Gast. Sie würdigte die grenzüberschreitende Ausrichtung der Veranstaltung. Rund 500 Soldaten der Deutsch-Französischen Brigade waren bei dem Aufzug dabei gewesen. Für Macron hat der Aufbau einer gemeinsamen europäischen Verteidigung in Verbindung mit der Nato Priorität. “Noch nie seit dem Ende des Zweiten Weltkriegs war Europa so notwendig”, sagte der französische Staatschef. Er hatte bereits einen Vorstoß für eine europäische Armee gemacht und damit heftige Kritik seines US-Kollegen Donald Trump geerntet.

Merkel bezeichnete die Parade mit etwa 4300 Soldaten und fast 70 Flugzeugen als “eine große Geste in Richtung der europäischen Verteidigungspolitik”. Sie sei auch geehrt, dass Deutsche teilgenommen hätten. “Und deshalb glaube ich, ist dies ein Zeichen einer verstärkten europäischen Zusammenarbeit (…)”, sagte die Kanzlerin. Sie hob auch die Bedeutung für das deutsch-französische Verhältnis hervor.

The Independent (GB) : la violence policière en France est hors de contrôle

Des centaines de cartouches ont plu sur des milliers de personnes qui célébraient l’équipe nationale algérienne de football avant de se qualifier pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Parmi eux se trouvaient des familles avec des enfants en bas âge dans des poussettes.

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Même dans une ville aussi turbulente que Paris, les scènes récentes de violences policières ont été exceptionnellement choquantes. Les victimes au cours des dernières semaines ont été des journalistes et des étudiants comme des écologistes et des demandeurs d’asile.

L’horreur de la situation apparaissait clairement la semaine dernière sur les Champs-Élysées

Quels que soient leurs antécédents ou leur conviction politique, ils ont tous été considérés comme des cibles légitimes pour les paramilitaires lourdement armés, formés pour faire face à toute menace contre l’ordre présumée avec une brutalité extrême. Ces officiers spécialisés dans le contrôle des émeutes – et il en existe des milliers – considèrent l’été comme une époque où tous les types indésirables se retrouvent dans la rue, et ne voient aucun inconvénient à imposer leur autorité aussi durement que possible.

L’horreur de la situation apparaissait clairement la semaine dernière sur les Champs-Élysées où, comme d’habitude, le désordre social a été provoqué par les forces de maintien de l’ordre françaises qui ont utilisé des armes chimiques contre leurs propres citoyens.

Des vidéos tournées sur la plus célèbre avenue du pays montrent de jeunes enfants qui luttent pour échapper aux nuages ​​de vapeurs créées par des gaz lacrymogènes interdits dans les zones de guerre. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la police française est autorisée à utiliser des substances conçues pour brûler les yeux, la bouche et les poumons de civils ordinaires, alors qu’en raison des traités internationaux, les soldats ne sont pas autorisés à le faire contre leurs véritables ennemis.

Le Comité international de la Croix-Rouge a d’abord rendu illégales les armes chimiques et biologiques sur les champs de bataille après le lancement par les forces françaises de grenades de 22 mm remplies de bromacétique d’éthyle lacrymale pendant la Première Guerre mondiale, sans toutefois étendre cette interdiction aux forces nationales.

J’ai entendu les cris de ceux qui étaient pris dans les pires échauffourées

Des centaines de cartouches ont plu sur des milliers de personnes qui célébraient l’équipe nationale algérienne de football avant de se qualifier pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Parmi eux se trouvaient des familles avec des enfants en bas âge dans des poussettes.

Parmi les autres victimes, citons les jeunes hommes d’apparence nord-africaine que la police française, en particulier à Paris, a tendance à mépriser. Il y eut d’innombrables affrontements au cours des dernières décennies, la plupart d’entre eux concernant la guerre d’indépendance de l’Algérie contre la France, qui s’est soldée par une victoire en 1962. Les atrocités nationales liées au conflit impliquaient la torture, la mort et la noyade de manifestants algériens dans la Seine par la police de la capitale.

Rien de tout cela ne justifie cependant de gazer des personnes tout à fait pacifiques et innocentes. J’ai entendu les cris de ceux qui étaient pris dans les pires échauffourées, garçons et filles en pleurs qui vomissaient et tremblaient de peur alors que les vapeurs de gaz se propageaient. C’était une douce soirée et il n’y avait pratiquement aucun refuge possible sur les Champs-Élysées.

Alors que le nombre de bombes lacrymogènes s’intensifiait, de nombreux supporters adolescents algériens se réfugièrent dans des rues adjacentes, où des pillages et des actes de vandalisme furent commis. C’est une conséquence logique que j’ai observée en couvrant de nombreuses émeutes à Paris, notamment celles impliquant le mouvement anti-gouvernement des Gilets jaunes qui causa des millions d’euros de dommages dans la seule capitale. Encore une fois, ces actes sont absolument inexcusables, mais il est indéniable que les gazages enveniment encore plus des situations déjà très difficiles.

Des manifestants pacifiques gazés comme de vulgaires insectes

Malgré tout, seuls les médias anglophones firent état du gazage d’enfants. Les médias français publiaient plutôt des fake news. Non, ce n’est pas un supporter de football algérien qui fut responsable du tragique accident de voiture de Montpellier, dans lequel une jeune mère de famille perdit la vie.

Les incidents furent également exploités par les habituels hypocrites excités de la populace d’extrême-droite. Marine Le Pen, leader du Rassemblement national – un parti fondé sous le nom de Front national par des ultranationalistes racistes exaspérés par la perte de l’Algérie française – a appelé à une interdiction des supporters de football sur les Champs-Élysées après avoir encouragé activement des Gilets jaunes bien plus destructeurs et violents à se rassembler là.

Lors de mon premier reportage sur l’utilisation de plus en plus scandaleuse de gaz par la police parisienne en décembre, Aurélie Bonal, porte-parole principale de l’ambassade de France à Londres, intervint sur Twitter pour nier que le gaz lacrymogène était une arme chimique. Malgré toutes les preuves scientifiques et juridiques démontrant le contraire, elle déclara qu’il était contraire à l’éthique de le décrire comme tel.

Au-delà d’une mère qui tente désespérément de protéger ses enfants des effets néfastes de ces armes chimiques, d’autres vidéos largement diffusées depuis montrent la police anti-émeute de Paris en train de gazer des manifestants pro-climat assis au sol pacifiquement comme s’ils étaient de vulgaires insectes.

Un extrait particulièrement troublant de la vidéo montre un officier costaud arrachant en toute illégalité les lunettes de soleil et les lunettes de protection d’un manifestant, s’assurant ainsi que ses yeux ne sont plus protégés des produits chimiques. Selon un rapport de police, plus de cinq litres de gaz ont été utilisés en moins de 30 minutes, et le commandant responsable de cette action fit partie des personnes qui s’évanouirent d’étouffement sur le pont Sully.

Tout cela participe d’un abus de pouvoir pervers que le gouvernement du président Emmanuel Macron devrait enfin reconnaître pour y mettre fin.

Children run after teargas is used on crowds in Paris
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KENYA POLICE TEAR-GAS PRIMARY SCHOOL CHILDREN IN PLAYGROUND PROTEST

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Children as young as eight choke as tear gas canisters are fired by police at protest over seizure of their school playground

AFP

2:45PM GMT 19 Jan 2015

Kenyan police fired tear gas at children as young as eight protesting on Monday against the seizure of their school playground by a property developer.

Around 100 primary school children and a small group of activists pushed over a newly built wall that separated playing fields and the school buildings, close to the capital Nairobi’s main domestic airport.

The majority of the children were aged between eight and 13.

Around 40 armed police accompanied by dogs dispersed the protesters by firing tear gas canisters, an AFP photographer at the scene said.

Dozens of children were caught in choking clouds of tear gas before being forced to shelter on a pedestrian bridge over the main road to escape the noxious fumes.

Related Articles

Children screamed as police officers in riot gear and waving truncheons pushed them back, some panicking as they sought water to wash their burning eyes.

At least five children received medical treatment while one policeman was wounded, seen with blood pouring down beneath his riot helmet.

A senior police officer at the demonstration, Mwangi Kuria, told Kenya’s Daily Nation newspaper that officers had been deployed to “safeguard the property”, adding that rocks had been thrown at his men.

“This is disputed land, but they should not use the children,” Kuria was quoted as saying.

Two activists were detained by police, Kenyan media said.

Macharia Njeru, chairman of the Independent Policing Oversight Authority, said the incident would be investigated.

“Tear-gassing children is inexcusable,” he said.

Renowned activist Boniface Mwangi said a “school playground is a necessity, not a privilege.”

Some of the children carried placards protesting against the alleged land grab.

“Kenya: the land of shameless grabbers,” read one, with others pleading for government to fight corruption.

“Shame!” read another. “Grabber, you won’t live forever.”

The incident sparked angry reactions on social media, including Twitter, where comments used the hashtag “£OccupyPlayGround”.

“Shame on the government for assaulting children with tear gas to protect the corrupt,” politician and former presidential hopeful Martha Karua said on Twitter.

Monday was the first school day since the wall was built during the holidays.

Nairobi, a city of more than three million people, is rapidly growing and land prices are rising at some of the fastest rates anywhere on the continent, according to real estate experts.

LA POLICÍA CHILENA DEJARÁ DE USAR GASES LACRIMÓGENOS

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Jorge Barreno | ValparaisoActualizado martes 17/05/201123:00 horas

El ministro del Interior, Rodrigo Hinzpeter, ha anunciado que Carabineros dejará de utilizar gases lacrimógenos para reprimir las manifestaciones. Así lo ha indicado hoy después de la polémica suscitada por el uso de estos productos.

“Nos parece que es razonable suspender el uso de esos gases lacrimógenos hasta que nuevos informes médicos nos permitan disipar más allá de cualquier duda la procedencia del empleo de estos gases para enfrentar situaciones de desorden público”, ha dicho el ministro del Interior.

Estudio médico

ELMUNDO.es publicó la semana pasada un reportaje en el que se hablaba del potencial peligro de estas sustancias (https://www.elmundo.es/america/2011/05/11/noticias/1305079802.html). “Hay antecedentes documentados de que los agentes químicos con que se fabrican las bombas lacrimógenas son abortivos. Además de producir graves daños a la salud, inciden negativamente en los aparatos reproductivos masculino y femenino”, escribía el doctor Andrei Tchernitchin, profesor de la Facultad de Medicina de la Universidad de Chile, en un estudio sobre los gases lacrimógenos llevado a cabo en los años 80.

El pasado 12 de mayo una estudiante de Sociología de la ciudad de Concepción, situada a unos 500 kilómetros al sur de Santiago, resultó herida en el ojo. La mujer recibió el impacto de un bote de gas lacrimógeno durante los enfrentamientos entre la policía y miles de estudiantes que protestaban por la reforma de la educación.

“Hay tranquilidad porque estamos frente a elementos que pueden usarse frente a situaciones de desórdenes públicos y que son los mismos que se vienen usando hace décadas”, añadió Rodrigo Hinzpeter. “Se realizarán estudios médicos para evaluar el impacto de estos gases en la salud de la población”.

“La protección de nuestros compatriotas es el principal objetivo de nuestro Gobierno, nos parece que es razonable suspender el uso de esos gases lacrimógenos hasta que nuevos informes médicos nos permitan disipar más allá de cualquier duda la procedencia del empleo de estos gases para enfrentar situaciones de desorden público o vandalismo”, manifestó también el ministro del Interior chileno.

Reunión especial

Amplios sectores de la oposición, e incluso representantes de Renovación Nacional (RN), el partido político al que pertenece el presidente de Chile, Sebastián Piñera, habían expresado su preocupación por el uso de estas bombas lacrimógenas.

La diputada de Renovación Nacional, Karla Rubilar, informó ayer que la comisión de Salud de la Cámara Baja iba a llevar a cabo una reunión especial para analizar los efectos que tienen en el organismo los gases y bombas lacrimógenas que usa Carabineros en protestas.

Tras anunciar la medida, Hinzpeter alentó a la población para usar de manera responsable el derecho a manifestarse y a reunirse: “Tenemos que hacer un llamado a los compatriotas para que hagamos uso del derecho a manifestarse y el derecho a reunirse en forma pacífica, en forma ordenada y especialmente en forma respetuosa en que son miles y millones quienes muchas veces no quieren por cualquier razón participar de estas mismas manifestaciones”.

Manifestantes y efectivos de Carabineros de Chile se preparan para afrontar la Cuenta Anual del Presidente de la República de Chile, más conocido como Mensaje Presidencial o Discurso del 21 de mayo, en el que Sebastián Piñera rendirá cuentas del curso electoral. Este año se esperan multitudinarias protestas debido a la aprobación del proyecto de Hidroaysén y a otros temas como la privatización de la educación.

NON-LETHAL WEAPONS MARKET BY END USER (MILITARY, LAW ENFORCEMENT), PRODUCT TYPE (DIRECT CONTACT WEAPONS, DIRECTED ENERGY WEAPONS), TECHNOLOGY (ELECTROMAGNETIC, MECHANICAL & KINETIC, CHEMICAL & OTHERS) & REGION – GLOBAL FORECAST TO 2020

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The non-lethal weapons market is projected to grow from USD 5.65 billion in 2015 to USD 8.37 billion by 2020, at a CAGR of 8.2% during the forecast period of 2015 to 2020. Non-lethal weapons also known as less lethal weapons and this report covers forecasts of the non-lethal weapons market and its dynamics over the next five years, while also recognizing market application gaps, evolving technologies, recent developments in the market, and high potential geographic regions and countries. The non-lethal weapons market has been analyzed on the basis of end user (including military and law enforcement), product type (direct contact weapons, directed energy weapons), and technology (electromagnetic, mechanical & kinetic, chemical, others), considering 2014 as the base year and forecast period of 2015 to 2020.  The report provides in-depth market intelligence regarding the non-lethal weapon market and major factors, including drivers, restraints, opportunities, and challenges that may influence the growth of the market. It also provides an analysis of micromarkets with respect to individual growth trends, growth prospects, and their contribution to the overall market.

Market Dynamics

Drivers

  • Increasing political disputes and civil unrest
  • Militarization of law enforcement agencies

Restraints

  • Stringent environment and governmental regulations
  • Declining defense budgets of advanced economies

Opportunities

  • Increasing research and development
  • Increasing defense expenditures of emerging economies

Challenges

  • Trafficking and indiscriminate use of non-lethal weapons
  • Apprehensions among end users

Increasing political disputes and civil unrest drives the global non-lethal weapons market

Political disputes, violence, and civil unrest have been on the rise globally, in the recent years, driven by domestic as well as geopolitical situations and policies. The adverse geopolitical conditions in Eastern Europe, the Middle East, and East Asia have contributed highly to this global trend. Sub-Saharan Africa is home to 16 high to severe risk countries, barring a few others, driven by the increasing political violence and insurgency in the region. In terms of concentration of risk of political violence and civil unrest, the major affected regions have been identified to be the Middle East, South Asia, and North Africa. Rising political violence, terrorism, insurgency, and civil unrest in the Middle East is expected to render the region the highest growing in the market for non-lethal weapons in the coming years. The intensification of political violence in Iraq, Yemen, Syria, and Saudi Arabia can be regarded as one of the major factors for this trend. Some of the key conflicts or instances of conflict/civil unrest in the Middle East have been represented below:

Non-lethal Weapons Market

The following are the major objectives of the study.

  • To analyze the overall non-lethal weapons market, along with market projections from 2015 to 2020
  • To define, describe and forecast the global non-lethal weapons market based on end user, product type, and technology, along with country-level analysis
  • To understand the market structure by identifying various subsegments of the non-lethal weapons market
  • To provide in-depth market intelligence regarding market dynamics and major factors that influence the growth of the non-lethal weapons market (drivers, restraints, opportunities and industry-specific challenges)
  • To strategically analyze micromarkets1 with respect to individual growth trends, future prospects, and their contribution to the overall non-lethal weapons market
  • To analyze the opportunities in the market for stakeholders by identifying key market trends
  • To forecast the market size of segments with respect to major countries, namely the US, Canada, the UK, Germany, France, Russia, Turkey, China, India, Japan, South Korea, Australia, Saudi Arabia, Israel, UAE, and Brazil, among others
  • To analyze competitive developments such as long-term contracts, joint ventures, mergers and acquisitions, new product launches and developments, and research and development in the non-lethal weapons market
  • To provide a detailed competitive landscape of the non-lethal weapons market, along with analysis of the business and corporate strategies adopted by the key market players
  • To strategically profile key market players and comprehensively analyze their core competencies2

During this research study, major players operating in the non-lethal weapons market in various regions have been identified, and their offerings, regional presence, and distribution channels have been analyzed through in-depth discussions. Top-down and bottom-up approaches have been used to determine the overall market size. Sizes of the other individual markets have been estimated using the percentage splits obtained through secondary sources such as Hoovers, Bloomberg BusinessWeek, and Factiva, along with primary respondents. The entire procedure includes the study of the annual and financial reports of the top market players and extensive interviews with industry experts such as CEOs, VPs, directors, and marketing executives for key insights (both qualitative and quantitative) pertaining to the market. The figure below shows the breakdown of the primaries on the basis of the company type, designation, and region considered during the research study.

Non-lethal Weapons Market

To know about the assumptions considered for the study, download the pdf brochure

The ecosystem of the non-lethal weapons market comprises of raw material suppliers, manufacturers, distributors, and end users. The key end users of the non-lethal weapons market are law enforcement sector, followed by military. Some of the key players of the non-lethal weapons market include Taser International Manufacturing Company (US), Combined Systems Inc. (US), and The Safariland Group (US), among others.

Target Audience

  • Non-lethal weapons manufacturers
  • Non-lethal weapons dealers
  • Sub-component manufacturers
  • Technology support providers

Scope of the Report

This research report categorizes the global non-lethal weapons market into the following segments and subsegments:

Global Non-lethal Weapons Market, By End User

  • Law Enforcement  
  • Military

Global Non-lethal Weapons Market, By Product Type

  • Direct Contact Weapons
  • Directed Energy Weapons

Global Non-lethal Weapons Market, By Technology

  • Electromagnetic
  • Mechanical and Kinetic
  • Chemical
  • Others

Global Non-lethal Weapons Market, By Region

  • North America
  • Europe
  • Middle East
  • Asia-Pacific
  • Latin America
  • Africa

Critical questions which the report answers

  • How will the non-lethal weapons market drivers, restraints and future opportunities affect the market dynamics and subsequent market analysis of the associated trends?
  • Which are the key players in the market and how intense is the competition?

Customizations available for the report

With the given market data, MarketsandMarkets offers customizations as per specific needs of a company. The following customization options are available for the report:

Geographic Analysis

  • Further breakdown of the Rest of Asia-Pacific market into Australia, Malaysia, and New Zealand, among others

Company Information

  • Detailed analysis and profiling of additional market players (Upto 5)

The non-lethal weapons market is projected to grow from USD 5.65 billion in 2015 to USD 8.37 billion by 2020, at a CAGR of 8.2% during the forecast period. Factors such as militarization of law enforcement agencies, polarization of civilians and driving maximum efficacy and minimum liability, among others are directly influencing the non-lethal weapons market.

The non-lethal weapons market is a highly dynamic and high-potential market for several reasons. The volatile dynamics of this market can be attributed to the changing geo-political dynamics of the global economy as well as the increasing incidences armed conflicts, violence, and terrorism, among others. For instance, the Middle East, North Africa, and South Asian regions have been identified to be high-potential markets for non-lethal weapons, owing to the exponential growth in demand from these regions in recent years. These rising trends of demand are the consequences of various instances of civil unrest and conflicts in these regions, such as the civil war in Syria, sectarian conflicts in Lebanon, political violence in Jerusalem, and so on. Such events call for highly enhanced response from law enforcement as well as military forces. As a result, the procurement of non-lethal weapons by law enforcement agencies is slated to increase significantly in the coming years.

In this report, the market has been segmented by product type, by end-user and by technology. The product type is subcategorized as direct contact weapons and directed energy weapons, whereas the end–user is segmented into military and law enforcement. The directed energy weapons market is growing at a higher CAGR in comparison with direct contact weapons due to advancement in laser technologies and microwave-based weapons, such as active denial systems or ‘pain ray’ weapons.

The Asia-Pacific region is expected to exhibit the highest growth rate in the non-lethal weapons market, and is projected to grow at the highest CAGR during the forecast period from 2015 to 2020. The Asia-Pacific market is expected to grow at the highest CAGR because several Asia-Pacific countries such as India, China, Australia, South Korea, and others have focused on production of non-lethal weapons for military and law enforcement application, such as border control, riot control, and de-escalations use in one-on-one conflict, among others.

Non-lethal Weapons Market

The growth of the non-lethal weapons market may, however, be affected by certain major restraints in the coming years. These factors include stringent environmental and governmental regulations, and declining defense budgets of advanced economies, among others.

Several key players operating in the global non-lethal weapons market have been identified to be Taser International Manufacturing Company (US), Combined Systems Inc. (US), The Safariland Group (US), and Amtec Less Lethal Systems Inc. (US) and Condor Non-lethal technologies (Brazil), among others. Long-term contracts, and mergers and acquisitions are the major growth strategies adopted by the major players to strengthen their position in the non-lethal weapons market, while also enhancing their product offerings.

non-lethal weapon market industry analysis

Qualitative Market AnalysisQuantitative Market Analysis
Market dynamics and key challengesMarket size estimates and forecast up to 2022
Industry and Technology TrendsMarket size estimates and forecasts up to 2022, by end user
Innovation & Patent RegistrationsMarket size estimates and forecasts up to 2022, by product type and technology
Competitive Landscape & Competitive ScenarioRegional market size forecasts, by end user, product type, technology
Company Profiles & Market Ranking AnalysisCountries market size forecasts, by technology

Law enforcement segment of non-lethal weapon market is projected to grow at the highest CAGR during the forecast period

The non-lethal weapon market has been segmented based on end user into military and law enforcement. The overall non-lethal weapons market is dominated by the law enforcement segment, primarily because law enforcement agencies are deployed for riot control, and military personnel are deployed only when the riot situation is out of control of the police forces or Special Forces.

End User, 2016 (%)

Non-lethal Weapons Market

Law Enforcement

The law enforcement segment, in this context, is constituted by three sub-segments, namely, first responder, police forces, and Special Forces. Among these agencies, the police forces segment dominates the non-lethal weapons market, as of 2015. Special Forces have primarily resulted from the increasing militarization of police forces worldwide; for instance, the SWAT (Special Weapons & Tactics) team in the US.

Law Enforcement, By type 2016 (%)

Non-lethal Weapons Market

Police forces are deployed in large numbers during disasters, accidents, terrorist attacks, riots, and many such incidents that may affect citizens or public assets. To neutralize such threats, police forces are instructed to first use non-lethal weapons, as per the rules of engagement. The following figure represents the market projections for the law enforcement non-lethal weapons market during the period of 2014 to 2020.

SOUTH KOREA SUSPENDS TEAR GAS EXPORTS TO BAHRAIN

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By Schams Elwazer, Mohammed Jamjoom and KJ Kwon, CNN

Updated 1124 GMT (1924 HKT) January 9, 2014

A protester runs from tear gas fired by Bahrain's riot police during a protest west of Manama on December 17.

A protester runs from tear gas fired by Bahrain’s riot police during a protest west of Manama on December 17.

Story highlights

  • Rights groups pressure the South Korean government to halt shipments to Bahrain
  • The move comes after months of campaigning against the use of tear gas
  • Bahraini authorities say tear gas is necessary to maintain order
  • The Bahrain interior ministry says it was not told of the ban by Seoul

South Korea is suspending exports of tear gas canisters to the Gulf island nation of Bahrain amid pressure from human rights groups, an official said Thursday.”We’ve decided to suspend (the shipment of tear gas) because of the unstable political situation in Bahrain, requests from human rights groups and civilian deaths,” an official with South Korea’s state-run Defense Acquisition Program Administration (DAPA), which oversees the country’s military trade, said.”We got requests Dae Kwang Chemical Corporation and another company on whether they can get permission to export the tear gas to Bahrain,” the DAPA official said.”After discussions with the Defense and Foreign Ministries on the issue, we informed the companies to suspend the exports.”The move by Seoul comes after months of campaigning by rights groups who say the Bahraini authorities’ misuse of tear gas has led to dozens of deaths as the Shiite majority protests against the Sunni-led government. The authorities have argued that tear gas is necessary to maintain order.Human rights groups had launched a campaign called Stop The Shipment after leaked government documents appeared to show that Bahrain, a country of 1.3 million people, had ordered around 1.6 million tear gas canisters.In October, the U.S.-based group Physicians for Human Rights reported that Bahrain’s police “weaponized tear gas” had caused the deaths of at least 39 people since February 2011 in an ongoing crackdown on anti-government protests, a claim the government disputes.Bahrain’s Interior Ministry said it had not been informed of any such ban by Seoul.”Teargas is used by Bahrain’s police force only as a necessary and proportionate measure and in public order and riot control situations. It is used entirely in compliance with international law,” it said in a statement on Wednesday.Bahraini and international rights groups welcomed the move.”I think it’s great news and we commend South Korea on the decision they’ve taken,” Bahraini rights activist Maryam al-Khawaja said.”We’re starting with tear gas but we expect to see countries who say they are concerned about human rights stop the sale of all types of weapons to Bahrain.”

Physicians for Human Rights

Un document complet concernant le Bahreïn : https://s3.amazonaws.com/PHR_Reports/Bahrain-TearGas-Aug2012-small.pdf

Alsetex, entreprise française qui a exporté du gaz CS : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/430086

Persecution of Health Professionals | Persecution in Bahrain

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After the pro-democracy uprising started in Bahrain in 2011 as part of the Arab Spring, the government responded with a widespread, severe crackdown. Doctors in Bahrain, who had first-hand knowledge of government atrocities, quickly became a target after treating hundreds of protesting civilians. The Bahraini government systematically targeted medical personnel who treated, unbiasedly, wounded protestors. PHR went to Bahrain to investigate and document these attacks.

Our 2011 report Do No Harm, published following a PHR visit to Bahrain, presents forensic evidence that documents government attacks on physicians, medical staff, patients, and unarmed civilians with the use of bird shot, physical beatings, rubber bullets, tear gas, and unidentified chemical agents. Our 2012 report Under the Gun: Ongoing Assaults on Bahrain’s Health System shows the devastation on Bahrain’s health system that resulted from the Government of Bahrain’s continued assault on doctors, patients, and the health care system. Bahrain’s abuses in the spring of 2011 are the most extreme violations of medical neutrality in the past half century, and history will remember them as such.

PHR not only documented abuses against Bahraini doctors, but also began working on behalf of our medical colleagues in Bahrain in 2011. The data below tracked Bahraini physicians who were sentenced to prison starting in 2011. Following an international outcry, in-part led by PHR, draconian convictions of up to 15 years for baseless charges were in some cases reduced to months. While some doctors served their shorter sentences and were released, many continued to face difficulties in being reinstated to their jobs, reissuing their medical license and running their private practices. Hear directly from Bahraini medics and the systematic discrimination they faced in the country. Most of the doctors who were reinstated were demoted and stripped of supervising responsibilities. The main hospital in Bahrain continues to be under military control, with the Ministry of Interior continuing to exert pressure on all medical facilities, denying people treatment and arresting them from the hospitals. There has been no compensation or rehabilitation offered to the doctors who were subjected to torture, arbitrary detention and unfair trial.

ISRAEL’S USE OF TEAR GAS SCRUTINIZED

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By Glenn FrankelMay 31, 1988

JABALIYA, GAZA STRIP — It was a typical week in this densely populated refugee camp. There were Israeli soldiers and Arab stone throwers playing cat-and-mouse games through the winding, garbage-strewn alleyways. There were rubber bullets and fiberglass billy clubs on one side and slingshots, bottles and concrete blocks on the other. And, as always, there was tear gas.

For two days, Ikkram Said, a slender, 27-year-old woman who was four months pregnant, said she could smell fumes wafting into her courtyard from outside. Even with the windows closed, she said, her eyes stung, she coughed constantly and had trouble breathing. Then one day she noticed blood when she went to the toilet and became frightened.

She had a friend drive her to the camp’s United Nations health clinic and was advised to go to Shifa Hospital in nearby Gaza City. By the time she got there she had stomach cramps and uterine contractions. Soon after, she miscarried.

Said’s story represents another question mark in one of the most troubling, elusive and emotive issues to arise during the 23-week Arab uprising: the effects on the Palestinian population of the Israeli Army’s frequent use of tear gas as a nonlethal riot-control weapon.

Palestinian doctors and officials working for the U.N. Relief and Works Agency (UNRWA) that operates the refugee camps contend there have been more than 1,200 injuries, dozens of miscarriages and at least 11 deaths from tear gas since the uprising began Dec. 9. The Washington-based Arab Anti-Discrimination Committee has put deaths at 41 and used that figure in a successful lobbying campaign that last month led the American manufacturer of the gas to suspend sales to Israel.

While they concede they lack hard data and autopsy results to verify many of their claims, these sources contend the weight of circumstantial evidence clearly indicates that tear gas is at least a significant contributing factor in deaths and miscarriages among a refugee camp population that, even in the best of times, is in a precarious state of health.

“There is until now no solid scientific proof, but certainly the accumulated evidence is strongly incriminating,” said Dr. Samir Badri, a Palestinian who is UNRWA’s chief health officer in the Gaza Strip.

“When you see a woman with no previous history of miscarriages or bleeding, and after exposure to tear gas she bleeds and aborts, you can say safely it is the gas.”

Israeli officials contend the Palestinian claims are based on false or unsubstantiated information and are designed to fuel a propaganda crusade that portrays Israel as waging a form of chemical warfare against a hapless civilian population.

“We have not seen any cases where it could be proven by a coroner that anybody has been killed due to exposure to tear gas,” said Brig. Gen. Yehuda Danon, the Israeli Army’s surgeon general, in a telephone interview, “and we have no scientific evidence that there have been more miscarriages following the use of {tear gas}.”

Medical experts say the issue is further complicated by the fact that accurate statistics and unbiased accounts are largely unobtainable in the chaos of civil unrest and military crackdown that has reigned in the occupied West Bank and Gaza Strip since December.

But within the cross fire of charges and countercharges, interviews with Palestinian, Israeli and American doctors who have first-hand experience with tear gas, a reexamination of several cases, and eyewitness accounts during recent months all point to these facts about the use of tear gas during the uprising:There is no credible evidence to support Palestinian claims that the Israelis are using any gas or toxic chemicals other than the standard chlorobenzylidene malononitrile, known as “CS,” manufactured by Federal Laboratories Inc. of Saltzburg, Pa. When properly used outdoors, the gas has limited effects that generally wear off in 15 to 30 minutes.There is, however, much evidence indicating that on numerous occasions soldiers and police have violated the manufacturer’s printed warnings by firing the gas into enclosed areas such as rooms or small courtyards. Most experts agree that such misuse of the gas can be harmful, especially to small children, the elderly, pregnant women and people suffering from heart or lung problems.There is debate over the possible long-term health effects of tear gas and growing concern among human-rights groups and some medical experts about its widespread use in countries including Israel, South Korea and Panama.Health conditions in the squalid, overcrowded refugee camps of Gaza have deteriorated dramatically in recent months due to disruptions of medical services and child feeding programs caused both by Palestinian violence and Israeli military restrictions. As a result, the population is more vulnerable to many kinds of health hazards, one of which is exposure to tear gas.

Upon close examination, some of the U.N. and Palestinian claims appear groundless. After a visit to Gaza last month, UNRWA health director John Hiddlestone told a press conference in Vienna about an incident in which two young Palestinians were beaten by soldiers and confined in a room where a reddish aerosal spray was used. “The room was then shut and after an hour or so two dead bodies were removed,” said Hiddlestone, who said soldiers apparently had used “some very toxic nerve gas.”

Hiddlestone was talking about the death of Basel Yazuri, age 18, who was killed Jan. 8 in the Rafah refugee camp, according to UNRWA officials. But Jerusalem Post reporter Bradley Burston, who visited Yazuri’s house shortly after the incident, said that besides the red powder on the walls and furniture of the room, which apparently came from an Army smoke grenade, there were also multiple bullet holes indicating someone had sprayed the room with an automatic rifle.

UNRWA’s own report on the incident states Yazuri died from bullet wounds and that there was no second fatality. The Army contends Yazuri was shot dead while attacking a soldier with a knife. Arab witnesses at the scene claimed he was badly beaten before being shot, and the question of whether Yazuri’s death was justifiable homicide remains open. But no one except Hiddlestone says he was gassed.

In camps such as Jabaliya, tear gas has become part of everyday life as well as a key element in the mythology of the Palestinian uprising. Children turn the spent metal canisters into toys or wear them proudly as necklaces. Dozens of canisters are hung defiantly from utility lines throughout the camp. Almost every house, it seems, boasts a collection of one or more of the thin tin projectiles or grenade-style rubber containers.

There are no figures available on how much tear gas Israeli troops have used since December, but the use is widespread. Soldiers have fired gas canisters from rifles, hurled grenades by hand and dumped 30-inch-long cans from helicopters. Despite printed warnings on the canisters that the gas is “for outdoor use only” and “may cause severe injury if not used in accordance with this warning,” soldiers pursuing alleged rioters have fired tear gas into houses, stores, clinics and even, on occasion, into hospitals.

Even now, at a time when the frequency of violent incidents and fatalities appears to be dropping, Christine Dabbagh, UNRWA’s information officer in Gaza, says she gets daily reports of injuries including tear-gassing from Jabaliya and other camps. On May 21, for example, UNRWA’s Jabaliya clinic reported treating 11 people for gas, including Said, who later miscarried at Shifa Hospital. The following day the report listed six tear-gas victims, two of whom later miscarried.

Altogther, doctors at Shifa Hospital, which serves most of the northern half of the Gaza Strip, say they treated 378 miscarriage cases between December 1987 and February 1988, the first three months of the uprising, compared to 335 during the same period a year earlier. UNRWA health director Badri says he tried to compile statistics to do a similar comparison at the Rafah refugee camp, but the numbers showed no significant increase.

The causes of miscarriages remain elusive because even in normal times, the estimated rate of miscarriages runs as high as 20 percent. Ikkram Said, for example, had a miscarriage and then bore three children before her latest pregnancy. It is impossible to know in retrospect exactly why she aborted this time. Besides her physical symptoms, doctors say her sense of fear after being exposed to tear gas could have been a factor.

Similarly, the death of a three-year-old girl in Gaza City last Friday remains uncertain. Local residents attributed it to tear gas. But the Army said the girl had not shown symptoms of tear gas inhalation when treated at a local hospital and said her body was spirited away by family members before an autopsy could be performed.

Dr. Issa Satti, director and chief surgeon at Ramallah Hospital in the West Bank, recalled last Feb. 20, when soldiers fired two CS gas canisters into the maternity recovery ward. There were five women and four babies in the ward at the time who were quickly evacuated, Satti said, after which he tried to enter the room to remove the canisters.

“I thought I would just throw them out the window, but I could hardly get into the room,” Satti recalled. “It was so concentrated. I started to cough, and then I couldn’t breathe. Even 24 hours later you couldn’t enter the room.”

Satti, who is one of the West Bank’s best known and most respected physicians, said he has concluded after months of watching soldiers use tear gas in Ramallah that “when used properly outdoors, I think it’s harmless. But we’ve had people who have had gas fired into their homes. Someone kept inside long enough could certainly die.”

An Army spokeswoman said soldiers were instructed to use tear gas only in open areas and that other uses of the gas were in violation of orders. She noted that the Army had taken pains to choose a form of tear gas that would not prove harmful to its own soldiers because sudden wind changes often expose them to its effects.

Brig. Gen. Danon said the Army had relied upon two reports in 1969 and 1971 by the Himsworth Royal Commission into the medical and toxicological effects of tear-gas use in Northern Ireland. Both reports indicated that CS gas was the safest and least toxic and had the least long-term health effects, said Danon.

The Army surgeon general conceded that health conditions in Gaza are poor but said many factors associated with the uprising were to blame. The United Nations’ supplemental feeding clinics for pregnant women and children have functioned only sporadically due to civil violence and to military curfews. Sewage systems and running water have broken down in many places and have not been repaired. Garbage collection is sporadic at best.

“All of these are far more important in terms of their effect on the health of the population than the occasional use of riot-control agents such as tear gas,” he said.

But Dr. Jonathan E. Fine, an internist who is executive director of Physicians for Human Rights, a Boston-based rights group, contended that the Himsworth reports had drastically underestimated the harmful effects of CS gas.

“There’s a tremendous under-appreciation of the dangers of tear gas,” said Fine in a telephone interview. “In my opinion it’s a misnomer to call this stuff ‘tear gas.’ It’s really poison gas . . . . “

A team of four American physicians from Fine’s group who visited the West Bank and Gaza in February said in their report that they could not substantiate claims of an increase in the incidence of miscarriages due to tear gas. Even so, Fine warned, Israel should not take the safety of tear gas for granted.

“I have to question both the logic and the morality of what the Army surgeon general is saying,” said Fine. “It’s a double standard he’s applying here. Would Israel use the same gas on its own children? I don’t believe so.”